Investissement coopératif et appropriation locale : interview en Combrailles
Dans le Puy-de-Dôme, Combrailles durables a fait de « l'appropriation citoyenne de l'énergie » sont maître mot. Trois questions à l'une des fondatrices de la structure, Isabelle Gardères.
Comment est né Combrailles Durables ?
La structure a été fondée en 2008 à l'issue d'une réunion publique concernant un projet de création d'une ZDE sur le territoire de Manzat Communauté. Ce projet a effrayé une partie de la population parce qu'il laissait présager l'installation d'un parc avec des éoliennes de taille disproportionnée pour les Combrailles. Ici le relief n'est pas très élevé et présente une onde courte. Le paysage aurait souffert de la présence de turbines trop hautes. Par ailleurs, certaines personnes voyaient d'un mauvais œil que le seul bénéficiaire de l'exploitation de cette ressource locale qu'est le vent soit une entreprise extérieure au territoire. Nous avons alors proposé aux élus un projet éolien coopératif. Ils ont tout de suite été intéressés, à condition que nous nous en occupions. C'est ainsi qu'est né Combrailles Durables, avec l'ambition de mettre en place des projets participatifs dans le domaine de l'énergie. Nous étions à la création une trentaine d'adhérents et aujourd’hui 165 coopérateurs.
Quelles sont les spécificités d'un projet coopératif d'énergie renouvelable?
Ce sont des citoyens du territoire qui sont propriétaires des installations. Ils sont donc maîtres des choix techniques. Pour le projet de parc éolien, nous avons par exemple sélectionné des éoliennes de taille moyenne, très fines, avec pour concept « un hameau, une éolienne ». La production sera naturellement moins importante qu'avec des grandes turbines mais faire des bénéfices n'est pas notre but. L'argent gagné grâce à la vente de l'électricité à EDF permet de rembourser les emprunts, de dédommager dans une certaine mesure les coopérateurs pour la mise à disposition des fonds et d'initier de nouveaux projets de production locale d'énergies renouvelables. Le parc ne sortira de terre que d'ici 3 ou 4 ans car les démarches sont très longues. Mais nous avons déjà mené à bout un projet de centrale photovoltaïque sur le toit de l'école de Loubeyrat. L'installation a été réalisée durant l'été 2010 par l'entreprise locale Auvergne Solaire Photovoltaïque et a été financée par les adhérents avec le concours d'un prêt bancaire. D'autres projets photovoltaïques sont par ailleurs en cours.
Quelle forme juridique avez-vous choisie pour porter vos projets?
Nous sommes une Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC), sans but lucratif. Chaque coopérateur peut souscrire des parts coopératives à 50 euros et représente une voix. Le statut de SCIC est très intéressant. Il permet l'association de personnes physiques et de collectivités autour d'un même projet d'intérêt collectif.
www.combraillesdurables.fr
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