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Marc Champel, le vent en poupe avec RURENER ! |
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Mercredi, 20 Avril 2011 07:07 |


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En février 2009, Saint-Etienne de Lugdarès, situé en Ardèche a accueilli le lancement du réseau RURENER, réseau européen des petites communes rurales pour la neutralité énergétique. Marc Champel, maire de la commune depuis 1980, nous présente son expérience au sein de ce réseau qui facilite le partage d’outils, de méthodes et l’échange d’expériences à l’échelle européenne.
Le Webzine : En quoi le territoire de Saint-Etienne de Lugdarès est-il rural?
Marc Champel : Notre canton, au sein de la Communauté de Communes Cévennes et Montagne Ardéchoises, accueille environ 1 000 habitants répartis sur 17 000 hectares. C'est un territoire peu peuplé, vaste et diversifié (communes de 600m à 1500m d'altitude). Les reliefs et les cultures sont assez différents d'une commune à l'autre et le canton est occupé par 2 bassins versants : Méditerranée et Océan Atlantique, qui « coupent » le territoire et ne favorisent pas la cohésion des acteurs. Côté climat, les hivers sont assez rudes et le vent souffle toute l'année. Face à ce constat et dans l'optique de trouver des financements pour développer les services (maintien des voies communales, écoles...), j'ai pris l'initiative, en 1995, de faire une étude sur le potentiel éolien du secteur. En 2005, nous avions implanté 11 éoliennes, non sans avoir suscité des réactions vives de la part des anti-éoliens. Cela nous a permis de financer l'ouverture d'une crèche, d'embuacher du personnel et de partager la moitié des retombées fiscales avec les six autres communes de la communuaté de communes au travers des projets de la communauté de communes.
LW : Qu'est-ce que RURENER vous a apporté concrètement en terme de développement d'actions ?
MC : Nous avons été choisis pour lancer le réseau Rurener en 2009 et pour réaliser un certain nombre d'actions avec l'idée de réunir les acteurs du milieu rural pour mettre en commun des outils de diagnostic et des méthodes. A l'échelle européenne, un ensemble de bonnes pratiques ont été expérimentées et nous servent de boîte à idées. A notre niveau, ça nous a apporté des échanges d'informations, d'expérience avec les collègues du réseau. D'autre part, c'est un aiguillon dont on a besoin car en tant qu'élus, nous avons souvent la tête dans nos dossiers et le réseau nous permet, dans chacun de nos secteurs, d'avoir une réflexion et un plan d'actions. De plus, cela nous permet d'avoir une feuille de route avec des objectifs, des jalons et il est très important de savoir où l'on va. Plus concrètement, le fait de procéder à des diagnostics énergétiques permet de savoir quels sont les bâtiments qui ne sont plus aux normes et qu'il faut améliorer.
LW : Sur votre commune vous avez créé les éoliennes, la maison de l'énergie, quels sont les projets à venir ?
MC : Un projet de réseau de chaleur bois va être créé avec un budget d'investissement de près de 900 000 euros. Une réflexion a été menée par rapport à certains de nos bâtiments (couvent, logements sociaux) pour lesquels le gaz était le seul moyen de chauffage. Un réseau court va permettre de réduire considérablement la consommation d'énergie fossile et d'améliorer la filière avec la création d'emplois à la clé. On va brûler du bois qui va chauffer de l'eau qui elle-même va chauffer les bâtiments : en terme d'environnement et d'économie, il n'y a pas photo ! A ce jour, nous en sommes au stade de la recherche du maître d'œuvre et des demandes de subventions auprès de l'ADEME et de la Région, le projet devrait voir le jour en 2012.
LW : Qu'est-ce qui vous anime pour vous engager autant en faveur de l'énergie ?
MC : Retraité de l'enseignement public et Maire de Saint-Etienne de Lugdarès depuis 1983 et Président de la communauté de communes depuis sa création en janvier 2006, j'œuvre principalement dans le but de faire avancer le territoire pour les habitants, en particulier pour les plus fragiles et les plus jeunes. S'engager en faveur de l'énergie, c'est entre autre une manière d'améliorer le revenu des gens et des collectivités locales car l'écologie, à mon sens, doit être au service de l'homme. |
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