Burgéap, une force de la nature - Suite
Jeudi, 17 Décembre 2009 08:00
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Burgéap, une force de la nature
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MAE : Nous sommes en plein sommet de Copenhague, quel est le regard de l’industriel et de l’homme sur ce qui se passe ?

JCA : Je suis engagé. Pour tout vous dire, après cet entretien je vous quitte pour aller animer une réunion sur Copenhague. En tant que citoyen, j’ai signé des actes sur l’urgence climatique et j’agis au quotidien en distribuant des tracts, en débattant contre des contestataires scientifiques qui mettent en doute le réchauffement climatique par exemple… Fort de mon expérience, partout où je peux, dans mon quartier, dans ma ville, dans les interviews de journalistes je dis haut et fort que « Oui, Copenhague est important ». Je crois que ce n’est pas tellement le changement climatique qui est l’enjeu principal mais le système économique dans lequel nous sommes qui est arrivé à ses limites. Nous avons bousillé une fraction très importante de notre biodiversité, si nous ne trouvons pas de nouveaux systèmes de gouvernance mondiale efficaces, nous allons à la catastrophe. Le monde minéral, le monde végétal, le monde animal sont surexploités ! Nous devons trouver un accord !

MAE : et pour le chef d’entreprise, Copenhague ?

JCA : Nous évaluons à 120 milliards d’euros les transferts des pays du Nord vers ceux du Sud. Si Copenhague est un succès, il y aura la création d’un organisme mondial qui redistribuera cet argent. Il sera synonyme de développement, de création d’emplois... C’est évident que nous sommes intéressés par cet argent, pour des pays à qui nous pourrons donner l’accès à de l’eau potable, à une meilleure gestion de leurs déchets…

J’ajouterai que l’ambition de Copenhague est de réduire de 30% nos émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Si nous y arrivons, il y aura une accélération du bâtiment vert et des énergies renouvelables. Burgéap est inscrit dans ce métier. Là aussi, nous sommes intéressés.

MAE : Quel serait votre regard sur l’évolution des éco-activités ? Est ce qu’il n’y a pas un effet de mode autour de développement durable, est-ce qu’on n’a pas peur que tout ça retombe ?

JCA : Il y a deux façons de voir les choses. D’abord, il y a la définition actuelle des éco-activités. Pas satisfaisante à mes yeux. Dans un monde futur, toutes les activités devront être éco-activités, c’est-à-dire des activités respectueuses de l’environnement.

Depuis 5 ans, on voit émerger un nouveau secteur appelé « l’économie sans carbone ». Concrètement c’est le bâtiment propre (le « green-building »), la ville durable, la mobilité, le transport, l’industrie verte... Il y a une vraie révolution qui se met en route. Les énergies renouvelables, elles, existent depuis 40 ans. Le solaire photovoltaïque, j’en ai installé dans les années 80 en Afrique ! Les premiers aérogénérateurs ont été posés à la fin des années 70 aux Îles du Cap Vert... Nous avons été des pionniers, mais notre énergie nucléaire a sûrement ralenti notre dynamisme. Aujourd’hui nous rattrapons notre retard. Les Allemands, les Danois ont 20 ans d’avance !

MAE : L’homme est il prêt, selon vous, à changer son comportement ?

JCA : C’est ça l’enjeu ! Nous devons changer notre façon de penser. On n’a pas le choix. Et en plus, c’est extrêmement jouissif ! Allez dire aux jeunes que nous allons changer le monde, ça c’est merveilleux ! Toutes nos belles idées de société de consommation, société de pétrole, société de gaspillage... On arrête et on bâtit une société de relations humaines, de bien-être, de solidarité. Il n’y a rien de plus sympathique !

Moi j’y crois. Nous avons une responsabilité vis-à-vis de nos enfants. Je vais bientôt être grand-père. Pour moi, la question ne se pose même pas : j’y mets toute mon énergie, c’est naturel !

 

Entretien avec

Jean-Claude Andréini
PDG de Burgeap et Président du PEXE

Interview réalisée par
Cyril Toutain





Burgéap, une force de la nature !

Interview de Jean-Claude Andréini, Directeur Général de Burgéap

 

Le Mag des éco-acteurs : Parlez-nous de Burgéap !

Jean-Claude Andréini : Burgéap est une ingénierie de statut européen. C’est une société franco-allemande, qui compte 750 collaborateurs dont 350 sur le sol français. Nous réalisons 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Nous sommes présents sur 20 sites en France, quasiment dans toutes les Régions. Et nous avons 20 sociétés à l’international. Je citerai le Cambodge, la Turquie, la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Roumanie, le Kenya, le Mali et bien d’autres. Nous pratiquons tous les métiers lié à l’environnement : l’eau, les déchets, les sols pollués, l’air, le management environnemental, le bâtiment vert, les énergies renouvelables, la maîtrise de l’énergie, la déconstruction et l’environnement en secteur nucléaire. Nous répondons à toutes les questions environnementales et de l’économie sans carbone.

MAE : Quelles sont les missions de votre agence implantée au cœur du Massif-central ?

JCA : Notre agence de Clermont-Ferrand réalise tous les métiers de Burgéap pour ses clients locaux. Nos clients sont à la fois des collectivités territoriales et des clients dits « privés ». Nous avons une organisation par métiers et notre prestataire local peut faire appel, à tout moment, à l’ensemble des compétences de notre groupe en France comme dans le monde. Pour avoir toujours la bonne personne au bon moment !

MAE : Quelles sont les thématiques de demain ?

JCA : Burgéap investit sur des marchés « traditionnels ». Les métiers de l’eau ou des déchets sont des vieux métiers. En revanche ils évoluent sans cesse ! Nous continuons à penser que l’eau, les déchets ou les sols pollués, sont les valeurs de demain.

Mais à coté de ça, la vraie thématique de demain pour nous c’est la ville nouvelle. Une ville nouvelle, on peut la faire compacte, serrée, intelligente, écologique et industrielle… Mais faire la ville nouvelle, c’est partir de bâtiments anciens et de sols pollués. On ne part jamais de rien. On part de réalités sociales, économiques ou environnementales. On doit faire au mieux avec ! Voilà les sujets de nos différents travaux.

MAE : Pouvez-vous maintenant nous parler du réseau PEXE ?

JCA : PEXE est une association pour la promotion et le développement international des éco-entreprises de France. C’est un club de clubs. Exemple : FC2E dans le Nord, membre du PEXE, représente 500 entreprises. Il y a aussi des Pôles de Compétitivités, des syndicats professionnels comme le syndicat des énergies renouvelables, le SER, qui lui comptabilise 530 entreprises adhérentes. Au total, le PEXE rassemble près de 3 000 entreprises sur un potentiel de près de10 000.
Le PEXE compte beaucoup de partenaires. Je citerai par exemple l’ANR, Oséo, l’Ademe, la DG6, le Ministère de l’Environnement, Unifrance (partenaire historique)…
Le PEXE est un accélérateur de développement. Il accompagne les entreprises dans les domaines de l’innovation, des finances, le commerce extérieur...
Il incite au partage d’expérience, favorise les rapprochements, la gestion des connaissances, la mise en synergie des équipes…

MAE : Et le COSEI c'est quoi ?

JCA : Le COSEI est le le comité stratégique des éco-industries. C’est une démarche conjointe du Ministère de l’Environnement et du Ministère de l’Industrie. Le COSEI aide les PME et les grands groupes, même ceux qui ne sont pas issus du « monde de l’environnement » comme l’automobile, à s’organiser pour ensemble supprimer les freins au développement. C’est une démarche participative dans laquelle l’État veut être l’accompagnateur d’orientations co-décidées ou orientées essentiellement business pour créer de l’emploi donc de l’économie. C'est au sein de ce comité qu'on discute du plan Ecotech 2012.
C'est stratégique pour nous d'être associés à ces travaux !

MAE : Nous sommes en plein sommet de Copenhague, quel est le regard de l’industriel et de l’homme sur ce qui se passe ?

JCA : Je suis engagé. Pour tout vous dire, après cet entretien je vous quitte pour aller animer une réunion sur Copenhague. En tant que citoyen, j’ai signé des actes sur l’urgence climatique et j’agis au quotidien en distribuant des tracts, en débattant contre des contestataires scientifiques qui mettent en doute le réchauffement climatique par exemple… Fort de mon expérience, partout où je peux, dans mon quartier, dans ma ville, dans les interviews de journalistes je dis haut et fort que « Oui, Copenhague est important ». Je crois que ce n’est pas tellement le changement climatique qui est l’enjeu principal mais le système économique dans lequel nous sommes qui est arrivé à ses limites. Nous avons bousillé une fraction très importante de notre biodiversité, si nous ne trouvons pas de nouveaux systèmes de gouvernance mondiale efficaces, nous allons à la catastrophe. Le monde minéral, le monde végétal, le monde animal sont surexploités ! Nous devons trouver un accord !

MAE : et pour le chef d’entreprise, Copenhague ?

JCA : Nous évaluons à 120 milliards d’euros les transferts des pays du Nord vers ceux du Sud. Si Copenhague est un succès, il y aura la création d’un organisme mondial qui redistribuera cet argent. Il sera synonyme de développement, de création d’emplois... C’est évident que nous sommes intéressés par cet argent, pour des pays à qui nous pourrons donner l’accès à de l’eau potable, à une meilleure gestion de leurs déchets…

J’ajouterai que l’ambition de Copenhague est de réduire de 30% nos émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Si nous y arrivons, il y aura une accélération du bâtiment vert et des énergies renouvelables. Burgéap est inscrit dans ce métier. Là aussi, nous sommes intéressés.

MAE : Quel serait votre regard sur l’évolution des éco-activités ? Est ce qu’il n’y a pas un effet de mode autour de développement durable, est-ce qu’on n’a pas peur que tout ça retombe ?

JCA : Il y a deux façons de voir les choses. D’abord, il y a la définition actuelle des éco-activités. Pas satisfaisante à mes yeux. Dans un monde futur, toutes les activités devront être éco-activités, c’est-à-dire des activités respectueuses de l’environnement.

Depuis 5 ans, on voit émerger un nouveau secteur appelé « l’économie sans carbone ». Concrètement c’est le bâtiment propre (le « green-building »), la ville durable, la mobilité, le transport, l’industrie verte... Il y a une vraie révolution qui se met en route. Les énergies renouvelables, elles, existent depuis 40 ans. Le solaire photovoltaïque, j’en ai installé dans les années 80 en Afrique ! Les premiers aérogénérateurs ont été posés à la fin des années 70 aux Îles du Cap Vert... Nous avons été des pionniers, mais notre énergie nucléaire a sûrement ralenti notre dynamisme. Aujourd’hui nous rattrapons notre retard. Les Allemands, les Danois ont 20 ans d’avance !

MAE : L’homme est il prêt, selon vous, à changer son comportement ?

JCA : C’est ça l’enjeu ! Nous devons changer notre façon de penser. On n’a pas le choix. Et en plus, c’est extrêmement jouissif ! Allez dire aux jeunes que nous allons changer le monde, ça c’est merveilleux ! Toutes nos belles idées de société de consommation, société de pétrole, société de gaspillage... On arrête et on bâtit une société de relations humaines, de bien-être, de solidarité. Il n’y a rien de plus sympathique !

Moi j’y crois. Nous avons une responsabilité vis-à-vis de nos enfants. Je vais bientôt être grand-père. Pour moi, la question ne se pose même pas : j’y mets toute mon énergie, c’est naturel !

 

Entretien avec

Jean-Claude Andréini
PDG de Burgeap et Président du PEXE

Interview réalisée par
Cyril Toutain





Burgéap, une force de la nature !

Interview de Jean-Claude Andréini, Directeur Général de Burgéap

 

Le Mag des éco-acteurs : Parlez-nous de Burgéap !

Jean-Claude Andréini : Burgéap est une ingénierie de statut européen. C’est une société franco-allemande, qui compte 750 collaborateurs dont 350 sur le sol français. Nous réalisons 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Nous sommes présents sur 20 sites en France, quasiment dans toutes les Régions. Et nous avons 20 sociétés à l’international. Je citerai le Cambodge, la Turquie, la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Roumanie, le Kenya, le Mali et bien d’autres. Nous pratiquons tous les métiers lié à l’environnement : l’eau, les déchets, les sols pollués, l’air, le management environnemental, le bâtiment vert, les énergies renouvelables, la maîtrise de l’énergie, la déconstruction et l’environnement en secteur nucléaire. Nous répondons à toutes les questions environnementales et de l’économie sans carbone.

MAE : Quelles sont les missions de votre agence implantée au cœur du Massif-central ?

JCA : Notre agence de Clermont-Ferrand réalise tous les métiers de Burgéap pour ses clients locaux. Nos clients sont à la fois des collectivités territoriales et des clients dits « privés ». Nous avons une organisation par métiers et notre prestataire local peut faire appel, à tout moment, à l’ensemble des compétences de notre groupe en France comme dans le monde. Pour avoir toujours la bonne personne au bon moment !

MAE : Quelles sont les thématiques de demain ?

JCA : Burgéap investit sur des marchés « traditionnels ». Les métiers de l’eau ou des déchets sont des vieux métiers. En revanche ils évoluent sans cesse ! Nous continuons à penser que l’eau, les déchets ou les sols pollués, sont les valeurs de demain.

Mais à coté de ça, la vraie thématique de demain pour nous c’est la ville nouvelle. Une ville nouvelle, on peut la faire compacte, serrée, intelligente, écologique et industrielle… Mais faire la ville nouvelle, c’est partir de bâtiments anciens et de sols pollués. On ne part jamais de rien. On part de réalités sociales, économiques ou environnementales. On doit faire au mieux avec ! Voilà les sujets de nos différents travaux.

MAE : Pouvez-vous maintenant nous parler du réseau PEXE ?

JCA : PEXE est une association pour la promotion et le développement international des éco-entreprises de France. C’est un club de clubs. Exemple : FC2E dans le Nord, membre du PEXE, représente 500 entreprises. Il y a aussi des Pôles de Compétitivités, des syndicats professionnels comme le syndicat des énergies renouvelables, le SER, qui lui comptabilise 530 entreprises adhérentes. Au total, le PEXE rassemble près de 3 000 entreprises sur un potentiel de près de10 000.
Le PEXE compte beaucoup de partenaires. Je citerai par exemple l’ANR, Oséo, l’Ademe, la DG6, le Ministère de l’Environnement, Unifrance (partenaire historique)…
Le PEXE est un accélérateur de développement. Il accompagne les entreprises dans les domaines de l’innovation, des finances, le commerce extérieur...
Il incite au partage d’expérience, favorise les rapprochements, la gestion des connaissances, la mise en synergie des équipes…

MAE : Et le COSEI c'est quoi ?

JCA : Le COSEI est le le comité stratégique des éco-industries. C’est une démarche conjointe du Ministère de l’Environnement et du Ministère de l’Industrie. Le COSEI aide les PME et les grands groupes, même ceux qui ne sont pas issus du « monde de l’environnement » comme l’automobile, à s’organiser pour ensemble supprimer les freins au développement. C’est une démarche participative dans laquelle l’État veut être l’accompagnateur d’orientations co-décidées ou orientées essentiellement business pour créer de l’emploi donc de l’économie. C'est au sein de ce comité qu'on discute du plan Ecotech 2012.
C'est stratégique pour nous d'être associés à ces travaux !

MAE : Nous sommes en plein sommet de Copenhague, quel est le regard de l’industriel et de l’homme sur ce qui se passe ?

JCA : Je suis engagé. Pour tout vous dire, après cet entretien je vous quitte pour aller animer une réunion sur Copenhague. En tant que citoyen, j’ai signé des actes sur l’urgence climatique et j’agis au quotidien en distribuant des tracts, en débattant contre des contestataires scientifiques qui mettent en doute le réchauffement climatique par exemple… Fort de mon expérience, partout où je peux, dans mon quartier, dans ma ville, dans les interviews de journalistes je dis haut et fort que « Oui, Copenhague est important ». Je crois que ce n’est pas tellement le changement climatique qui est l’enjeu principal mais le système économique dans lequel nous sommes qui est arrivé à ses limites. Nous avons bousillé une fraction très importante de notre biodiversité, si nous ne trouvons pas de nouveaux systèmes de gouvernance mondiale efficaces, nous allons à la catastrophe. Le monde minéral, le monde végétal, le monde animal sont surexploités ! Nous devons trouver un accord !

MAE : et pour le chef d’entreprise, Copenhague ?

JCA : Nous évaluons à 120 milliards d’euros les transferts des pays du Nord vers ceux du Sud. Si Copenhague est un succès, il y aura la création d’un organisme mondial qui redistribuera cet argent. Il sera synonyme de développement, de création d’emplois... C’est évident que nous sommes intéressés par cet argent, pour des pays à qui nous pourrons donner l’accès à de l’eau potable, à une meilleure gestion de leurs déchets…

J’ajouterai que l’ambition de Copenhague est de réduire de 30% nos émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Si nous y arrivons, il y aura une accélération du bâtiment vert et des énergies renouvelables. Burgéap est inscrit dans ce métier. Là aussi, nous sommes intéressés.

MAE : Quel serait votre regard sur l’évolution des éco-activités ? Est ce qu’il n’y a pas un effet de mode autour de développement durable, est-ce qu’on n’a pas peur que tout ça retombe ?

JCA : Il y a deux façons de voir les choses. D’abord, il y a la définition actuelle des éco-activités. Pas satisfaisante à mes yeux. Dans un monde futur, toutes les activités devront être éco-activités, c’est-à-dire des activités respectueuses de l’environnement.

Depuis 5 ans, on voit émerger un nouveau secteur appelé « l’économie sans carbone ». Concrètement c’est le bâtiment propre (le « green-building »), la ville durable, la mobilité, le transport, l’industrie verte... Il y a une vraie révolution qui se met en route. Les énergies renouvelables, elles, existent depuis 40 ans. Le solaire photovoltaïque, j’en ai installé dans les années 80 en Afrique ! Les premiers aérogénérateurs ont été posés à la fin des années 70 aux Îles du Cap Vert... Nous avons été des pionniers, mais notre énergie nucléaire a sûrement ralenti notre dynamisme. Aujourd’hui nous rattrapons notre retard. Les Allemands, les Danois ont 20 ans d’avance !

MAE : L’homme est il prêt, selon vous, à changer son comportement ?

JCA : C’est ça l’enjeu ! Nous devons changer notre façon de penser. On n’a pas le choix. Et en plus, c’est extrêmement jouissif ! Allez dire aux jeunes que nous allons changer le monde, ça c’est merveilleux ! Toutes nos belles idées de société de consommation, société de pétrole, société de gaspillage... On arrête et on bâtit une société de relations humaines, de bien-être, de solidarité. Il n’y a rien de plus sympathique !

Moi j’y crois. Nous avons une responsabilité vis-à-vis de nos enfants. Je vais bientôt être grand-père. Pour moi, la question ne se pose même pas : j’y mets toute mon énergie, c’est naturel !

 

Entretien avec

Jean-Claude Andréini
PDG de Burgeap et Président du PEXE

Interview réalisée par
Cyril Toutain





Burgéap, une force de la nature !

Interview de Jean-Claude Andréini, Directeur Général de Burgéap

 

Le Mag des éco-acteurs : Parlez-nous de Burgéap !

Jean-Claude Andréini : Burgéap est une ingénierie de statut européen. C’est une société franco-allemande, qui compte 750 collaborateurs dont 350 sur le sol français. Nous réalisons 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Nous sommes présents sur 20 sites en France, quasiment dans toutes les Régions. Et nous avons 20 sociétés à l’international. Je citerai le Cambodge, la Turquie, la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Roumanie, le Kenya, le Mali et bien d’autres. Nous pratiquons tous les métiers lié à l’environnement : l’eau, les déchets, les sols pollués, l’air, le management environnemental, le bâtiment vert, les énergies renouvelables, la maîtrise de l’énergie, la déconstruction et l’environnement en secteur nucléaire. Nous répondons à toutes les questions environnementales et de l’économie sans carbone.

MAE : Quelles sont les missions de votre agence implantée au cœur du Massif-central ?

JCA : Notre agence de Clermont-Ferrand réalise tous les métiers de Burgéap pour ses clients locaux. Nos clients sont à la fois des collectivités territoriales et des clients dits « privés ». Nous avons une organisation par métiers et notre prestataire local peut faire appel, à tout moment, à l’ensemble des compétences de notre groupe en France comme dans le monde. Pour avoir toujours la bonne personne au bon moment !

MAE : Quelles sont les thématiques de demain ?

JCA : Burgéap investit sur des marchés « traditionnels ». Les métiers de l’eau ou des déchets sont des vieux métiers. En revanche ils évoluent sans cesse ! Nous continuons à penser que l’eau, les déchets ou les sols pollués, sont les valeurs de demain.

Mais à coté de ça, la vraie thématique de demain pour nous c’est la ville nouvelle. Une ville nouvelle, on peut la faire compacte, serrée, intelligente, écologique et industrielle… Mais faire la ville nouvelle, c’est partir de bâtiments anciens et de sols pollués. On ne part jamais de rien. On part de réalités sociales, économiques ou environnementales. On doit faire au mieux avec ! Voilà les sujets de nos différents travaux.

MAE : Pouvez-vous maintenant nous parler du réseau PEXE ?

JCA : PEXE est une association pour la promotion et le développement international des éco-entreprises de France. C’est un club de clubs. Exemple : FC2E dans le Nord, membre du PEXE, représente 500 entreprises. Il y a aussi des Pôles de Compétitivités, des syndicats professionnels comme le syndicat des énergies renouvelables, le SER, qui lui comptabilise 530 entreprises adhérentes. Au total, le PEXE rassemble près de 3 000 entreprises sur un potentiel de près de10 000.
Le PEXE compte beaucoup de partenaires. Je citerai par exemple l’ANR, Oséo, l’Ademe, la DG6, le Ministère de l’Environnement, Unifrance (partenaire historique)…
Le PEXE est un accélérateur de développement. Il accompagne les entreprises dans les domaines de l’innovation, des finances, le commerce extérieur...
Il incite au partage d’expérience, favorise les rapprochements, la gestion des connaissances, la mise en synergie des équipes…

MAE : Et le COSEI c'est quoi ?

JCA : Le COSEI est le le comité stratégique des éco-industries. C’est une démarche conjointe du Ministère de l’Environnement et du Ministère de l’Industrie. Le COSEI aide les PME et les grands groupes, même ceux qui ne sont pas issus du « monde de l’environnement » comme l’automobile, à s’organiser pour ensemble supprimer les freins au développement. C’est une démarche participative dans laquelle l’État veut être l’accompagnateur d’orientations co-décidées ou orientées essentiellement business pour créer de l’emploi donc de l’économie. C'est au sein de ce comité qu'on discute du plan Ecotech 2012.
C'est stratégique pour nous d'être associés à ces travaux !

MAE : Nous sommes en plein sommet de Copenhague, quel est le regard de l’industriel et de l’homme sur ce qui se passe ?

JCA : Je suis engagé. Pour tout vous dire, après cet entretien je vous quitte pour aller animer une réunion sur Copenhague. En tant que citoyen, j’ai signé des actes sur l’urgence climatique et j’agis au quotidien en distribuant des tracts, en débattant contre des contestataires scientifiques qui mettent en doute le réchauffement climatique par exemple… Fort de mon expérience, partout où je peux, dans mon quartier, dans ma ville, dans les interviews de journalistes je dis haut et fort que « Oui, Copenhague est important ». Je crois que ce n’est pas tellement le changement climatique qui est l’enjeu principal mais le système économique dans lequel nous sommes qui est arrivé à ses limites. Nous avons bousillé une fraction très importante de notre biodiversité, si nous ne trouvons pas de nouveaux systèmes de gouvernance mondiale efficaces, nous allons à la catastrophe. Le monde minéral, le monde végétal, le monde animal sont surexploités ! Nous devons trouver un accord !

MAE : et pour le chef d’entreprise, Copenhague ?

JCA : Nous évaluons à 120 milliards d’euros les transferts des pays du Nord vers ceux du Sud. Si Copenhague est un succès, il y aura la création d’un organisme mondial qui redistribuera cet argent. Il sera synonyme de développement, de création d’emplois... C’est évident que nous sommes intéressés par cet argent, pour des pays à qui nous pourrons donner l’accès à de l’eau potable, à une meilleure gestion de leurs déchets…

J’ajouterai que l’ambition de Copenhague est de réduire de 30% nos émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Si nous y arrivons, il y aura une accélération du bâtiment vert et des énergies renouvelables. Burgéap est inscrit dans ce métier. Là aussi, nous sommes intéressés.

MAE : Quel serait votre regard sur l’évolution des éco-activités ? Est ce qu’il n’y a pas un effet de mode autour de développement durable, est-ce qu’on n’a pas peur que tout ça retombe ?

JCA : Il y a deux façons de voir les choses. D’abord, il y a la définition actuelle des éco-activités. Pas satisfaisante à mes yeux. Dans un monde futur, toutes les activités devront être éco-activités, c’est-à-dire des activités respectueuses de l’environnement.

Depuis 5 ans, on voit émerger un nouveau secteur appelé « l’économie sans carbone ». Concrètement c’est le bâtiment propre (le « green-building »), la ville durable, la mobilité, le transport, l’industrie verte... Il y a une vraie révolution qui se met en route. Les énergies renouvelables, elles, existent depuis 40 ans. Le solaire photovoltaïque, j’en ai installé dans les années 80 en Afrique ! Les premiers aérogénérateurs ont été posés à la fin des années 70 aux Îles du Cap Vert... Nous avons été des pionniers, mais notre énergie nucléaire a sûrement ralenti notre dynamisme. Aujourd’hui nous rattrapons notre retard. Les Allemands, les Danois ont 20 ans d’avance !

MAE : L’homme est il prêt, selon vous, à changer son comportement ?

JCA : C’est ça l’enjeu ! Nous devons changer notre façon de penser. On n’a pas le choix. Et en plus, c’est extrêmement jouissif ! Allez dire aux jeunes que nous allons changer le monde, ça c’est merveilleux ! Toutes nos belles idées de société de consommation, société de pétrole, société de gaspillage... On arrête et on bâtit une société de relations humaines, de bien-être, de solidarité. Il n’y a rien de plus sympathique !

Moi j’y crois. Nous avons une responsabilité vis-à-vis de nos enfants. Je vais bientôt être grand-père. Pour moi, la question ne se pose même pas : j’y mets toute mon énergie, c’est naturel !

 

Entretien avec

Jean-Claude Andréini
PDG de Burgeap et Président du PEXE

Interview réalisée par
Cyril Toutain