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5 questions à Bernard Echalier, éco-entrepreneur |
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Lundi, 21 Septembre 2009 12:17 |
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Témoignage d'un homme du terrain qui dresse un portrait sans concession de son secteur d'activité : les déchets.
Cécile Nolot : pouvez-vous nous présenter votre filière ?
Bernard Echalier : Notre filière est très hétérogène. Elle est composée d’entreprises dites « TPE », comme les démolisseurs automobiles, à de grandes entreprises comme Aubert et Duval (spécialiste de l'acier) ou Alcan (spécialiste de l'aluminium). Il y a de grands groupes comme Sita (Suez), Onyx (Véolia), Coved (Saur – Bouygues). Une restructuration est en cours, avec une réduction progressive du nombre d'acteurs. Cette situation bénéficie aux grands groupes. Ce n'est pas forcément une bonne nouvelle en terme d'emplois sur le territoire ni en terme de qualité et de prix des prestations réalisées.
CN : La tendance est donc à la globalisation ?
BE : Les donneurs d'ordre, comme tout producteur de déchets (vous et moi compris), ne veulent pas d'hyper-spécialistes. Ils veulent une solution simple et globale pour leurs déchets. Les entreprises de la collecte et du tri doivent donc se diversifier et ne pas se focaliser sur une mono-filière. Mais attention, cela demande beaucoup d'investissement pour les équipements, qui doivent être différenciés afin d'être efficaces. Là encore, la filière n'est pas encore arrivée à maturité. Les entreprises sont trop petites et trop dispersées.
CN : Le marché des déchets s’internationalise ?
BE : La réglementation nous demande d'aller de plus en plus loin en terme de taux de recyclage, pour les DEEE ou les pneumatiques par exemple. Cela doit créer de l'activité or ce n'est pas le cas. Ni chez les récupérateurs (collecte, tri), ni chez les recycleurs. Prenons pour exemple les deux papeteries d'Auvergne : Abzac et Giroux. Elles utilisent le carton comme matière première secondaire. En cette période économique chahutée, elles subissent, elles aussi, une baisse d'activité. Si elles disparaissaient, c’est la valorisation d’un flux qui disparaît. Pour les papiers journaux, les débouchés sont déjà à des centaines de kilomètres, dans les Vosges ou du coté de Rouen. Voire en Asie du sud-est, via des conteneurs maritimes ! Pour la ferraille, on exporte beaucoup vers l'Italie et l'Espagne... Et, si j'ose dire, heureusement qu'il y a ces pays là !
CN : Pourquoi ?
BE : D'une part parce que nous produisons beaucoup trop de déchets et n'avons pas les capacités de les traiter entièrement ici. Ensuite, parce qu'en France et en Europe, il y a trop de contraintes en terme de coût de traitement, d'investissement pour les industries. On va vers un désert industriel français ! Je suis assez pessimiste sur notre capacité à recréer des activités de recyclage, sauf peut-être pour le bois, qui est une filière de proximité, sur un matériau renouvelable. Pour le plastique et le polyéthylène, saluons l’existence du plateau de Sainte-Sigolène. Dans l'automobile, la filière est de mieux en mieux organisée car les flux de véhicules proviennent de sources restreintes : les compagnies d'assurance, si le véhicule est accidenté, et des constructeurs grâce à des dispositifs de reprise.
CN : Quelles sont les pistes d’améliorations ?
BE : Selon moi c'est bien d'avoir la volonté de ré-ancrer des activités de recyclage sur le territoire mais c'est utopique de le réaliser. L'enjeu se situe plus sur la structuration du secteur des récupérateurs. Qui pourrait être faite selon les familles de producteurs de déchets que sont les ménages et assimilés, les industries et commerces, le BTP et le monde agricole. Nous, nous nous concentrons sur les déchets industriels et commerciaux et sur les déchets des ménages. Cela demande des investissements pour pouvoir collecter et trier leurs déchets banaux et leurs déchets spéciaux. Pour ces derniers d'ailleurs, se sont surtout les grands groupes qui s'en occupent, car les règles d'exploitation sont trop contraignantes pour des TPE. Alors que ces déchets sont produits partout et qu'il y a un réel enjeu ! J'ai participé récemment à une réunion sur le PREDD (plan régional d'élimination des déchets dangereux) et c'est sûr que dans ce domaine, il y a un effort de collecte et de tri à faire.
Enfin, je crois qu'il y aurait encore des efforts à produire dans le domaine du BTP, qui représente les plus forts tonnages en déchets en France. Et aussi sur les déchets organiques et les boues, dont le caractère fermentescible et la richesse en éléments nutritifs pourraient être plus employés pour nos sols agricoles.
En savoir plus sur la Société Echalier
Depuis plus de 35 ans, ECHALIER affirme sa volonté de contribuer à l'émergence de solutions de transformation des déchets. Véritable partenaire des collectivités territoriales et des industriels, ÉCHALIER s'appuie sur un savoir-faire intégrant une grande capacité d'expertise, garantissant la recherche de solutions innovantes, respectueuses de l'éthique environnementale. La société emploie 170 personnes sur 2 sites d’exploitation, St-Ours-les-Roches et Z.I. du Brézet, pour un chiffre d’affaire annuel de 25 M€ (2007/08).
Entretien avec
Bernard Echalier,
Société Echalier
Contact :
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Tél : 04 73 88 70 74
www.echalier.com
Rédaction
Cécile Nolot