Acceptabilité sociale des énergies renouvelables : des résistances à ne pas négliger
Lundi, 03 Octobre 2011 00:00


éoliennes ardèche

géotexia (crédit PY Jouyaux)
Robert Douillet - dialter


Acceptabilité sociale des énergies renouvelables : des résistances à ne pas négliger

Les projets d’énergies renouvelables suscitent souvent des réticences et des craintes de la part des populations locales.  Parfois mal comprises, elles sont légitimes et doivent être prises en compte en amont des projets.

 

97% des français sont favorables aux énergies renouvelables selon une étude réalisée par l'Ademe en 2010. Un chiffre qui peut laisser penser que leur acceptabilité sociale ne pose aucun problème. Mais il est différent de soutenir une énergie en théorie et d’accepter l’implantation sur son territoire d’une centrale. Les projets d’énergies renouvelables suscitent ainsi souvent des réticences et des craintes au niveau local. Celles-ci ne peuvent être réduites au phénomène NIMBY (Not In My Backyard), c'est à dire à des réticences égoïstes. Elles se sont construites dans un contexte bien particulier de décentralisation et de libéralisation du secteur de l'énergie.

En France, les premières éoliennes installées avaient déjà une taille importante et les premiers parcs ont été développés sans réel dispositif de planification territoriale, créant des tensions. Portés par des acteurs privés dans le cadre d'objectifs définis au niveau national et européen, le déploiement de projets d'énergie renouvelable de taille industrielle donnent en outre l'impression aux habitants des communes concernées d'être spoliés au profit des exploitants, avec peu de compensation en regard des impacts environnementaux et sociétaux induits. L'emplacement des projets est enfin souvent décidé en tenant compte des contraintes environnementales et patrimonial mais sans se soucier des paysages quotidiens des habitants, et sans consultation de la population.

Or la concertation est très importante. Elle doit être instaurée le plus tôt possible, en amont des projets, pour donner l’occasion aux habitants de faire valoir leur point de vue et de participer à l’élaboration du projet lorsque celui-ci se justifie. « Dans des cas d’opposition forte, l'intervention d'un médiateur, extérieur au projet, peut être utile pour restaurer le dialogue et le faire évoluer.», explique Robert Douillet, médiateur environnemental pour la SCOP Dialter, spécialisée dans la concertation et la médiation au service des territoires.

Une autre démarche intéressante consiste à proposer à la population d'investir financièrement dans le projet aux côtés de l’industriel. La Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC) Combrailles Durables propose même aux citoyens du territoire de devenir ensemble propriétaires de centrales en souscrivant des parts coopératives pour des projets qu’elle développe. « Cela leur permet de rester maîtres des choix techniques ainsi que des impacts environnementaux et sociaux des installations», justifie Isabelle Gardères, co-fondatrice de la structure.

 

Géraldine Houot

 

En savoir plus :

www.dialter.fr

www.combraillesdurables.fr

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