Tes déchets m'intéressent
Jeudi, 24 Juin 2010 07:16

françois ligier




Le dernier numéro de votre Webzine expliquait le concept de boucle économique courte qui raccourcit les circuits en rapprochant sur un même territoire les lieux de production et de consommation. Le Pôle Bois du Haut Forez, était cité en exemple. Aujourd'hui, nous allons écologie industrielle, ou comment boucler les flux entre acteurs économiques d'un territoire.

L'écologie industrielle, quésako ? Exemple : le Comptoir européen de la confiserie qui fabrique les célèbres pastilles Vichy, a comme déchet de la poudre de sucre. Celle-ci doit être évacuée. Or,  les apiculteurs locaux ont d’importants besoins en sucre pour leurs ruches, besoins pouvant être satisfaits par… de la poudre de sucre. In fine, c’est un déchet qui est transformé en matière première.

 

Accompagné

par Macéo, le sud de l’Allier a été le terrain d'une action pilote d’écologie industrielle sur trois territoires du Pays Vichy Auvergne : la Communauté d’agglomération de Vichy Val d’Allier, la Communauté de Communes en Pays Saint-Pourcinois et celle du Bassin de Gannat. L’objectif est de privilégier et d’inciter la coopération entre entreprises et territoires en faisant converger leurs enjeux en matière d’utilisation et de gestion des ressources : eaux, matières, énergies. Les entreprises intègrent dans leur mode de management une approche collective et coopérative des solutions environnementales, et ce de manière systématique. En raison de la diversité des territoires (nombre et taille des entreprises, espace foncier disponible, réseau ferroviaire et routier...), l’approche d’écologie industrielle y est abordée de manière certes différente, mais complémentaire.

Mais qu’est ce que cela signifie concrètement ? Chaque acteur économique ou institutionnel a exprimé ses propres enjeux de développement durable : optimisation de l’économie locale et du transport des marchandises, protection de l’environnement et des espaces naturels, maintien d’un tissu économique local diversifié et optimisation des ressources. 20 entreprises industrielles ont participé à cette phase pilote. Chaque entreprise a été visitée et un bilan des flux entrants et sortants (matières et énergies) a été réalisé afin d’identifier des synergies. Pour François Ligier, d'Automobiles Ligier, «il s’agit de se rendre compte de ce qu’on jette. Et on jette beaucoup, beaucoup. Il faut réfléchir à la manière dont les déchets des uns peuvent éventuellement devenir de la matière première pour d’autres».

 

Les résultats ont porté sur 650 flux, permettant d’établir 29 pistes de synergies (substitution, mutualisation, ou création d'activité) possibles pour des flux de matières, d’eau, d’énergie ou de transport. Un autre exemple ? Prenons les fines de sucre de CAPRYL. Impropre à la consommation humaine car récoltées au sol, elles seraient acceptables pour la consommation animale. Reste à trouver la bonne transformation de ces fines, et entre autre la qualité du sucre (granulométrique, teneur…), pour qu'elles correspondent au besoin de l’entreprise TNA, producteur d’aliments pour bétail. François Ligier rappelle qu’ «on doit tous avoir une démarche vertueuse et respecter l’environnement qui nous entoure, que ce soit l’environnement écologique ou social. On ne peut pas empiler les déchets». Son entreprise réfléchit notamment à la revalorisation de ses importants déchets de carton. "Nous n’envisageons pas de créer nous même une telle activité, mais de la soutenir si elle devait apparaitre." Il précise «il faut qu’on participe à l’effort et qu’on montre l’exemple». Cette opération expérimentale est aujourd’hui en phase d’extension. Macéo a passé le relai à l’association Auvergne Qualité Performance qui concrétisera les synergies identifiées, via l’animation de groupes de travail et les analyses technico-économiques et qui associera à la démarche d’autres entreprises du département de l’Allier. Des perspectives qui augurent un bel avenir à l’écologie industrielle.

 

Rédaction

 

Cyril Toutain

www.originis.fr