|
"Histoire d'eau" vue par l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne |
|
Vendredi, 30 Octobre 2009 00:00 |
|
|




|
|
Quatre bassins hydrographiques donc quatre Agences de l’Eau interviennent sur le territoire du Massif-central : Adour-Garonne et Loire-Bretagne représentent l’essentiel du territoire.
Etablissements publics, les Agences de l’Eau aident à la préservation de la ressource en eau en quantité et en qualité. Les redevances perçues auprès des ménages et des entreprises constituent leur budget. Avec ces fonds, les Agences de l’Eau soutiennent des actions de dépollution, de préservation de la ressource en eau et de restauration du milieu aquatique. Elles se révèlent compétences d’appui sur des actions réalisées par des collectivités locales ou des privés. La France compte six agences de l’eau. Leurs compétences territoriales sont fixées par les limites des grands bassins hydrographiques français. Premier bassin, la Loire pour l’Agence Loire-Bretagne, la Garonne et ses affluents pour l’Agence Adour-Garonne, Le Rhône est suivi par L’Agence Rhône-Méditerranée-Corse, L’Agence Seine Normandie pour le bassin de la Seine. Sans oublier les Agences Artois-Picardie et Rhin-Meuse. Mais un bassin hydrographique, quèsaco ? C’est une portion de territoire délimitée par des lignes de crête, dont les eaux alimentent un exutoire commun.
La particularité du Massif-central
Quatre bassins hydrographiques donc quatre Agences de l’Eau interviennent sur le territoire du Massif-central : Adour-Garonne et Loire-Bretagne représentent l’essentiel du territoire. L’Agence Rhône-Méditerranée-Corse est concernée par le versant Est et Sud-est, quant à Seine-Normandie par la partie Nord du Massif (le Morvan). Cependant les objectifs et les compétences sont les mêmes et des axes de réflexions communs sont actés. Les Agences appliquent une démarche commune pour mener des actions en faveur du Massif. « Concrètement nos actions répondent à plusieurs questions : quelles sont les problématiques rencontrées par les industriels pour lutter contre la pollution ? Quelles sont les problématiques des collectivités pour protéger la ressource en eau, dépolluer ou entretenir et restaurer les milieux aquatiques ? » Souligne Marc Boissier de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne.
Des sujets sont en cours de réflexion comme la préservation des secteurs amont, appelés « têtes de bassin » car le Massif-central regroupe beaucoup de sources de cours d’eau. Il y a aussi la problématique liée à la dégradation des plants d’eau par des algues. « Ce n’est pas spécifique au Massif mais des recherches doivent être menées sur l’eutrophisation et répondre aux questions du type : en quoi cela gène les activités touristiques ? En quoi est-ce pénalisant pour l’alimentation en eau potable ? Quels sont les facteurs générant cette eutrophisation ? » Précise Marc Boissier.
Des études sont menées à l’échelle du Massif comme l’analyse de la typologie des pollutions générées par les activités des industries agro-alimentaires et l’étude des ressources en eau mobilisées pour un usage d’alimentation en eau potable ou thermal. Il s’agit ici de comprendre quels sont les facteurs qui contribuent à préserver donc à maintenir la bonne qualité de cette ressource en eau.
Une bonne note pour le Massif
L’Union Européenne a mis en œuvre dès octobre 2000 une Directive Cadre sur l’Eau : objectif 2015. Plus simplement désignée par son sigle DCE, elle établit un cadre pour une politique globale communautaire dans le domaine de l’eau. C'est l'élément majeur de la réglementation européenne concernant la protection globale des ressources en eau. Cette Directive vise à prévenir et réduire la pollution des eaux, promouvoir son utilisation durable, protéger l'environnement, améliorer l'état des écosystèmes aquatiques et atténuer les effets des inondations et des sécheresses. La DCE impose l'identification des eaux européennes et de leurs caractéristiques, par bassin et district hydrographiques. « C’est le mode de fonctionnement de notre pays depuis 1964, c’est une sorte de reconnaissance ». Enfin, elle oblige l’adoption de plans de gestion et de programmes de mesures appropriés à chaque masse d’eau. « L’objectif pour 2015 c’est le bon état écologique des milieux aquatiques et du bassin versant » précise Marc Boissier. Pour l’Union c’est le seul moyen de garantir une gestion durable de cette ressource vitale pour l'humanité et pour toutes les espèces vivantes. Des dérogations justifiées pourront être accordées aux Etats qui signaleront « l’atteinte du bon état comme techniquement compliquée, où le temps de mise en œuvre est difficile ». Le délai sera ainsi repoussé de 6 ans. Passé ce délai un nouveau report justifié pourra être accordé.
L’Etat Français, dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, a fixé comme objectif « l’atteinte du bon état » des 2/3 de ses masses d’eau en 2015. Le Massif-central, pour la partie Loire-Bretagne, est très au-dessus des 2/3 de masses d’eau en bon état. En 2015, 70% des masses d’eau seront en bon état. C’est un bon point. Les difficultés recensées sont les masses d’eau dégradées par des aménagements urbains et des pollutions liées aux activités agricoles. Enfin, la directive réclame « la non dégradation des masses d’eau » en menant des actions pour maintenir une bonne qualité.
Dans la continuité de la DCE, nous trouvons le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux dit SDAGE. C’est un outil issu de la loi sur l’eau de 1992. Le SDAGE est élaboré par le Comité de Bassin qui comprend des représentants de l'État, des collectivités locales et des usagers. Parmi les usagers, on trouve des associations de consommateurs, de protection de l'environnement, des riverains... Un premier SDAGE a été élaboré en décembre 1996, fixant les priorités et les orientations des politiques à mener pour la préservation de la ressource. La DCE demande de réviser, d’actualiser et d’ajuster les SDAGE. Les principaux sujets traités par le SDAGE sont la préservation des écosystèmes aquatiques, des sites et des zones humides. La protection contre toute pollution et la restauration de la qualité des eaux. Le développement et la protection de la ressource en eau potable. Et enfin la valorisation de l'eau comme ressource économique et la répartition de cette ressource... Le SDAGE est plus complet que la DCE.
En conclusion, soulignons ce que précise la loi de 1992, « L'eau fait partie du patrimoine commun de la nation. Sa protection, sa mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels, sont d'intérêt général. » .
Entretien avec
Marc Boissier,
Agence de l'eau Loire-Bretagne
Rédaction
Cyril Toutain